L’Odyssée de Nolan : où et comment voir le film en IMAX 70 mm en France ?
Seule une salle française projette le film dans le format argentique voulu par le réalisateur.
Christopher Nolan a tourné L’Odyssée intégralement en IMAX 70 mm, un format argentique d’exception. Mais cette quête d’immersion se heurte à la rareté des équipements : en France, une seule salle propose la version idéale.
Sorti en salles le 15 juillet 2026, L’Odyssée de Christopher Nolan marque une première : le premier long-métrage de fiction entièrement tourné avec des caméras IMAX film. Capté en 15/65 mm (un négatif 65 mm à 15 perforations défilant horizontalement), le film est projeté en 70 mm, un format argentique qui offre une définition bien supérieure aux projections numériques classiques. Selon Frandroid, le ratio d’image natif de 1,43:1 « remplit l’écran du sol au plafond » et, d’après l’auteur, « restituerait une netteté proche du 18K ». Pour Nolan, ce format est essentiel : il plonge le spectateur dans un cadre plus haut que les panoramiques habituels, occupant littéralement son champ de vision.
Problème : la projection en IMAX 70 mm impose des contraintes techniques et financières majeures. Les salles doivent disposer d’équipements spécifiques, de cabines adaptées et d’un personnel formé à la manipulation des bobines. Résultat, en France, une seule salle propose ce format : le Pathé Odysseum de Montpellier. Selon Écran Large, cette salle « a inauguré son projecteur IMAX 70 mm pour l’occasion », avec un écran mesurant, d’après la source, 22,39 mètres de large. Comme le confirme Écran Large, cette salle est la seule du pays à offrir le ratio 1,43:1 voulu par Nolan, avec des séances en version originale sous-titrée (VOSTFR). Les projections doublées en français, elles, utilisent l’IMAX Laser numérique, un format qui, selon Frandroid, « réduit le ratio à 1,90:1 ».
En Europe, le réseau reste très limité. Selon Frandroid et Journal du Geek, trois salles sur le continent projettent *L’Odyssée* en IMAX 70 mm : Montpellier, le Kinepolis de Bruxelles (seul projecteur du Benelux, d’après les sources) et le Cinema City de Prague. Le Royaume-Uni compte quelques sites supplémentaires, comme le BFI IMAX de Londres. Au total, moins d’une quarantaine de salles dans le monde sont équipées pour ce format, principalement en Amérique du Nord.
Pour les spectateurs ne pouvant accéder à ces rares salles, des alternatives existent. Le 70 mm "classique" (ratio 2,20:1) offre une définition supérieure au 35 mm et à la plupart des projections numériques 2K, mais sans l’ampleur verticale de l’IMAX. En France, le Grand Rex à Paris et le Kinépolis Lomme à Lille proposent ce format, avec une cabine itinérante installée pour l’occasion, comme le précise Écran Large. L’IMAX Laser, plus répandu, permet, selon les spécifications techniques citées par Frandroid, « un ratio jusqu’à 1,90:1 avec une luminosité et un contraste élevés », tandis que le Dolby Cinema mise sur une plage dynamique étendue et un son immersif.
Cette situation illustre une tendance de fond : la standardisation numérique a réduit le parc de salles capables de projeter en argentique, même pour des réalisateurs comme Nolan, qui en font un argument artistique. Comme l’a rappelé Y.M.Cinema Magazine lors de la sortie d’*Oppenheimer*, le nombre de salles IMAX 70 mm dans le monde stagnait déjà autour de 30 en 2023.
Source : Frandroid, Journal du Geek, Écran Large
Pour comprendre
L’IMAX 70mm, un format d’exception en voie de raréfaction
Depuis Dunkerque en 2017, Christopher Nolan défend le format IMAX 70mm comme la « meilleure façon de voir » ses films, mais cette technologie analogique reste un luxe rare. En 2017, seules 39 salles dans le monde pouvaient projeter Dunkerque en vrai IMAX 70mm, un chiffre qui a chuté à 30 pour Oppenheimer en 2023, avant de remonter à 41 pour L’Odyssée en 2026. Cette fluctuation reflète un déclin progressif des projecteurs pellicule, remplacés par des solutions numériques moins coûteuses. En France, aucune salle ne proposait ce format avant 2026, où le Pathé Odysseum de Montpellier a installé un projecteur 70mm spécifiquement pour le film de Nolan. Comme le souligne Info.fr, cette rareté s’explique par des coûts d’exploitation élevés et une logistique complexe : les bobines IMAX pèsent jusqu’à 200 kg et nécessitent un entretien minutieux, bien loin des standards numériques.
La confusion entre IMAX numérique et IMAX 70mm argentique complique encore l’accès à cette expérience. Si les guides spécialisés comme Écran Large distinguent clairement les formats, les plateformes grand public comme JustWatch tendent à les mélanger sous une même étiquette « IMAX ». Pourtant, les différences sont majeures : l’IMAX numérique, même en laser 4K, se limite à un ratio de 1,90:1, contre 1,43:1 pour l’argentique, et ne restitue pas la même profondeur de champ ni la même granularité. Comme le note The Globe and Mail, « l’IMAX digital » recouvre des réalités très variables, allant du simple écran géant à une projection laser haut de gamme, sans que le spectateur puisse toujours faire la différence.
Face à cette standardisation numérique, Nolan n’est pas le seul à défendre l’argentique, mais il en fait un argument artistique. Des cinéastes comme Quentin Tarantino ou Paul Thomas Anderson ont aussi tourné en 70mm, mais sans en faire un enjeu systématique. La particularité de Nolan réside dans son alliance avec IMAX, un partenariat qui a permis de sauver des projecteurs 70mm de la disparition. Pourtant, cette fidélité à la pellicule se heurte à une réalité économique : en 2026, sur les 1 700 salles IMAX dans le monde, moins de 3 % sont équipées pour le 70mm. Comme le rappelle Y.M.Cinema Magazine, même aux États-Unis, des chaînes comme Cinemark n’ont réactivé des projecteurs 70mm que pour L’Odyssée, preuve que ce format reste un produit d’appel plus qu’une norme.
En France, les alternatives à l’IMAX 70mm illustrent cette tension entre accessibilité et fidélité à l’œuvre originale. Le 70mm classique, proposé dans deux salles (Kinépolis Lomme et Grand Rex), offre une image trois fois plus précise que le numérique standard, mais avec un ratio tronqué (2,20:1). Le Dolby Cinema, plébiscité par Nolan pour son contraste et ses noirs profonds, mise sur le HDR plutôt que sur la taille de l’image. Quant au 35mm, encore présent dans des salles comme le Pathé Bellecour, il sacrifie une partie du cadre original. Comme l’explique What Hi-Fi?, chaque format répond à des compromis différents : l’IMAX 70mm privilégie la résolution et l’immersion, le Dolby Cinema le réalisme des couleurs, et le numérique l’accessibilité. Dans un paysage où 90 % des salles ont abandonné la pellicule, L’Odyssée incarne un paradoxe : un film tourné pour un format presque disparu, mais dont la sortie relance, le temps d’une exploitation, le débat sur l’avenir du cinéma analogique.
L’avis de CoreVibe
Nolan a fait de l’IMAX 70mm une signature, mais le cinéma lui rend la monnaie de sa pièce : entre 2017 et 2026, le nombre de salles capables de projeter sa vision dans les règles de l’art a stagné, voire régressé, avant de remonter *uniquement* parce que quelques projecteurs ont été rallumés pour son dernier film. Résultat, en France, il faut se rendre à Montpellier pour voir L’Odyssée comme il l’a imaginé — une rareté qui transforme l’expérience en pèlerinage, pas en standard. Pire, les guides grand public entretiennent la confusion entre IMAX numérique et vrai 70mm, vendant du premium là où l’argentique reste un luxe confidentiel. Nolan a raison de défendre la pellicule, mais son combat ressemble de plus en plus à une niche élitiste, pas à une révolution accessible.
Sources : https://www.frandroid.com/produits-android/tv-connectee-produits/projecteur/3182967_lodyssee-de-christopher-nolan-ou-et-comment-le-voir-dans-la-meilleure-version-possible, https://www.ecranlarge.com/films/news/lodyssee-imax-70mm-ou-voir-film-nolan